7ORIYA

 

 

7ORIYA, la 7iberté.
Pas n’importe laquelle.
Celle, nouvellement acquise, encore fragile, encore gorgée de contradictions, du peuple tunisien, après la Révolution de Janvier.
Une liberté qui a réussi à voir le jour grâce aux graphies des sms et des forums Internet, avec le « 7 » maudit, symbole de l’ex-autocrate Ben Ali, un chiffre qu’il faut désormais métamorphoser et rendre à sa magie perdue. Une liberté assainie, terreau d’un possible en germe, désert attendant la pluie, espace attendant sa danse, ténèbres attendant la lumière.
7ORIYA, la 7iberté dansante, justement. Elle ne se débat pas : elle se bat. Elle ne revendique pas : elle féconde. Les mains, figures centrales de la chorégraphie, sont appels à la solidarité humaine. Mains tremblantes et assoiffées, qui boivent les moindres bribes de solei, de justice et de vérité. Mains tendues vers l’absence. Mains jetées au ciel, vers l’utopie. Mains responsables ; axe à partir duquel le corps se désarticule, s’ensable, redresse son échine et se met en marche, non sans cris internes, non sans contusions.
7ORIYA, la 7iberté musicale. Avec, au travers du magma sombre de l’informulé et des autocensures, un chant kazakh inondant les dunes, irradiant le passé et l’avenir, coloré de tous les âges humains, et chargeant d’autres peuples opprimés à suivre l’exemple tunisien. Les flûtes et les clarinettes ont beau scander leurs signaux d’alerte, il est trop tard, la Peur n’est plus au goût du jour. Une aurore s’est levée, définitivement contagieuse. Des mains fraternelles peuvent à nouveau remettre le soleil dans le ciel. Et l’éteindre en paix, pour un nouveau jour.
Vincent Cespedes