STRÆGGLE’S HAIR

 

 

Stræggle’s Hair met en scène un farfadet urbain, arpentant un décor d’usine à l’abandon.

Sous son double bonnet et ses facéties expressives, les mouvements légers et mordant rendent le froid de l’hiver, l’acier bleuté d’un lieu de travail au chômage, le pittoresque de gestes enfantins qui, sortis de leur contexte disent tout autre chose : solitude où le rêve insiste, ruine où le vent s’engouffre, reste de machine oubliant la caresse des mains.

Métaphore du désœuvrement contemporain et de notre difficulté à le peupler d’humour, de poésie et d’enthousiasme.

La maladresse entretient le jeu : des pas au bord du vide qui se vident à leur tour du sens de la marche et de la destination, des ponts suspendus loin des villes, des rampes d’escalier et des couloirs que plus personne n’emprunte à l’exception de Stræggle, gentil feu follet des viles dont la désuétude cherche en vain une main à serrer, un regard à faire sourire, des cheveux à faire danser.
Scie musicale, sifflements et jeux de bouche se confondent et soulignent la matière filandreuse de la chevelure.

musique originale de Vincent Cespedes